Je pense que plus tard, si quelqu'un me demande quel est le film qui m'a le plus peur dans ma jeunesse je répondrais sans aucun doute REC, notre génération a enfin son Exorciste. Un film terrifiant, vraiment!
Pourquoi? Les raisons sont simples, tout d'abord, cela est incontestable les deux réalisateurs ont du talent, en même temps je le savais déjà concernant Jaume Balaguero qui m'avait troublé et choqué avec La Secte Sans Nom, un film où la tension montait de plus en plus jusqu'au final à vous glacer le sang. Je ne connaissais pas le second réalisateur d'où un certain doute. Deuxièmement le film à un autre chef d'oeuvre du film d'épouvante Blair Witch Project mais là où BWP s'arrêtait aux apparences, REC va plus loin en poussant le rôle de la caméra jusqu'au bout et en allant à fond dans leur concept.
Le film va prendre son temps, c'est-à-dire 15-20 minutes pour installer le contexte, celui d'une journaliste en reportage nocturne chez des pompiers qui vont être appelés d'urgence jusqu'à un immeuble où les voisins ont entendu de drôle de cris. En arrivant là-bas, ils vont découvrir l'horreur et nous aussi. Nous sommes installés depuis le point de vue du cameraman qui va tout nous montrer. En choisissant ce principe les réalisateurs prennent un gros risque, celui de s'enfermer dans le piège de BWP, ne rien montrer et ne rien faire comprendre au spectateur qui restera à la fin le cul entre deux chaises avec l'impression d'avoir été berné par un scénario faussement malin et des effets terrifiants. Seulement REC évite cela et explose les codes du genre grâce à la caméra. Tout d'abord il n'y a plus cet aspect amateur que l'on trouvait dans BWP, ici le cameraman est un pro
et cela se ressent, l'image est toujours très bien cadrée tout en bougeant énormément, on voit bien les attaques de zombies, les giclées de sang et c'est le plus important. A travers cet oeil qui sera aussi bien un ennemi (comprenez un obstacle) qu'un allié (surtout à la fin), la terreur s'installe comme lors de cette scène où à la recherche d'un zombie la caméra fait un 180 degrés, fixe le pompier ami et nous voyons clairement derrière le zombie en question, à ce moment-là on est pris de frissons et lorsque la caméra va se rapprocher de la gamine pour lui faire une injection, on va sursauter lors que ce putain de zombie va l'attaquer.
Encore plus fort, c'est l'accumulation de références sur les meilleurs films de zombies et les Resident Evil (pas les bouses cinématographiques les jeux!), allant de 28 Days Later de Danny Boyle pour le côté scientifique et probable plutôt que fantastique pur et dur à Night Of The Living Dead pour le côté huis-clos cela en passant par Resident Evil pour l'aspect survie et labyrinthique du bâtiment. La seule vraie chose frustrante dans REC, c'est sa fin, à la fois claire et qui nous laisse avec plein de questions. Cependant en réfléchissant un peu, chose rare pour un film d'horreur, on arrive à comprendre l'histoire et à émettre des hypothèses probables. Le final est d'ailleurs terrifiant, durant un plan-séquence de 20 minutes on va avoir la trouille comme jamais et lors des cinq dernières minutes, la tension va atteindre son paroysme dans cette scène hallucinante où le cameraman va mettre sa caméra dans les combles et exécuté un 360 degrés de fou pour nous mettre la trouille de notre vie et il va s'en suivre une scène en infra-rouge hallucinante de tension, j'avais moi-même du mal à regarder et à garder mon calme. Rien que d'y penser ça me fait peur!
En bref, REC est bel et bien la petite révolution que tous les fans d'horreurs en manque de sensation comme moi attendait. Courez-y et foutez-vous la trouille de votre vie. Succès garantis.
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