lundi 9 juin 2008

Unknow : Chapitre VII

Avec ce chapitre commence la seconde partie intitulée Contrôle, la première partie s'intitulait Choc(s).

Enjoy!


Chapitre VII : Provehito in altum.


L'aiguille brûlait la peau, la main qui la tenait était sûre d'elle. Elle savait ce qu'elle faisait, elle avait commencé à tatouer sur le haut du dos, comme l'homme le lui avait montré elle dessinait les ailes de couleur orange, elle fit ensuite le corps, la queue, remonta pour faire l'aile droite et finit par la tête, à chaque fois elle épongeait avec une lingette. L'homme ne disait rien, il gardait en lui toute la douleur, il serrait simplement les dents. Elle s'attaqua ensuite à donner un effet de brûlure sur le bas du corps de l'oiseau puis elle fit les cendres un peu plus bas, elles se transformaient ensuite en une fumée noire épaisse, fumée qui partait sur la clavicule, descendait le long du bras, commençait à se transformer en flammes qui continuait de descendre jusqu'à l'avant-bras, à ce moment-là les flammes se changeaient en longues bandes noires qui aboutissaient au niveau du poignet, elles encerclaient le bras, laissant un espace de cinq centimètres entre chaque. Elle se terminaient avec des triangles à leur bout. Ce genre de tatouage était long à faire, grâce au progrès effectué dans ce domaine, la douleur n'était plus aussi intense et ce genre de tatouage pouvait se faire d'une traite sans attendre. Ask se leva lorsqu'elle eut terminé, il sortit des billets de sa poche, la femme lui répondit avec un simple sourire. Il lui avait juste expliquer ce qu'il voulait et comment le dessiner. Il était fasciné depuis son enfance par toutes les choses ésotériques, il affectionnait en particulier le Phénix, un oiseau de feu qui mourait et renaissait à chaque fois grâce au pouvoir de ses cendres et sa volonté de vivre. La parfaite incarnation de la phrase latine « Provehito in altum ». Les flèches du tatouage symbolisait la résurrection. Ask était né, mort lorsque ses parents l'avaient trahi et il venait de renaître après avoir semé la mort, il vivait pour un projet, détruire ceux qui anéantissaient le monde, ceux qui avaient il y a longtemps été membre de l'OMC qui avaient ensuite pris la place des hommes politiques pour les grandes décisions au sein du Conseil de Sécurité, les mêmes qui avaient décidé d'anéantir le continent africain en le laissant tomber. Ceux qui avaient annihiler les espoirs des plus défavorisés, qui les avaient mis à l'écart de la société pour pouvoir s'en débarrasser et les laisser crever comme des chiens. Les grands chefs de firmes transnationales que personne ne connaissaient de vue mais qui contrôlaient d'une main de fer le monde. Ce tatouage lui rappellerait ce qu'il avait vécu et ce qu'il devait faire.


Avec la mort de Yamahoto, Ask avait retrouvé le sommeil. Il n'avait plus de chez lui, il dormait dans sa voiture, il ne s'était pas renseigné à propos de l'appartement de sa soeur. Il était censé de ne plus exister, il devait avoir disparu. La Mustang n'était pas très grande mais la banquette arrière lui permettait de se reposer. Il n'avait pas de chez lui et pourtant, sa surprise fut grande lorsqu'il découvrit une enveloppe sur sa voiture. C'était la première fois qu'il recevait une lettre de manière écrite, aujourd'hui les gens s'envoyaient des e-mails, des SMS ou des MMS vocaux, c'était des méthodes ringardes et complètement dépassés, seules les personnes les plus romantiques et qui voulaient draguer la copine de leur meilleur ami ou bien ruiner la vie de leur fils (Ask en connaissait un rayon) envoyaient encore ce qu'on appelaient une lettre. Il prit l'enveloppe, elle était cachetée avec un sceau, de la cire rouge avait été coulé dessus, les expéditeurs avaient un grand sens du théâtral. Sur le sceau, Ask remarqua un serpent enfermé dans une main. Il l'ouvrit, le message était le suivant:

« Si vous êtes le gardien des préceptes, celui que les dieux ont choisi d'enfermer par peur de votre force, alors vous avez gagné, pour récupérer votre bien, vous êtes prié de venir à l'adresse suivante. »

L'adresse mentionné faisait référence à un immeuble tout ce qu'il y avait de plus normal.

« Lorsque vous y serez, vous prendrez l'ascenseur et appuierez sur le bouton comportant le sceau inscrit sur l'enveloppe. »

Ask se demandait comment on avait pu le trouver et surtout qui voulait le rencontrer, il en avait bien une petite idée mais il n'était pas sûr. Il avait entendu des rumeurs chez les Exclus, elles parlaient d'une organisation criminelle qui tuait des chefs d'entreprise, quelle soit grande ou non. Elle avait dû le trouver comme il l'espérait, il n'aurait pas penser que ça arriverait aussi vite, mais le destin ne vous prévenait jamais. Il attendrait deux jours pour y aller. Il lui faudrait sans doute trouver un flingue si les affaires tournaient mal, on ne savait jamais à quoi s'attendre avec le destin, les Moires étant une bande de putes.


Il arrivait devant le bâtiment, énorme comme tout ceux qui peuplaient la ville, sauf que quelque chose le différenciait des autres, à partir de la moitié les étages devenaient plus larges donnant ainsi l'impression que le gratte-ciel était un cône construit à l'envers. Tout les étages étaient vitrés, sans doute accueillaient-ils en leur sein des bureaux pour des intellectuels qui se feraient bientôt virés car ils ne s'investissaient pas assez dans leur travail. La vérité c'est que tôt ou tard ils seraient remplacés par des robots, tout comme les ouvriers l'avaient été avant, à qui on demanderaient juste de réfléchir à un problème X pour trouver une solution Y. Cependant un étage faisait exception, à cet endroit tout était noir, du métal qui entourait les vitres aux fenêtres elles-mêmes. En pénétrant dans le hall, Ask se sentit comme une souris prit dans un dans les griffes d'un chat, il y avait dans ce bâtiment une ambiance lourde, morbide comme si quelque chose qui taisait son nom se cachait à l'intérieur, quelque chose de mortel, possédant une aura mortelle capable de tuer d'un seul regard. Ask sentait le poids du pistolet et cela le rassurait sentir que quelque chose pourrait - peut-être – le protéger, l'homme avait toujours besoin d'une protection de quelque forme qu'elle soit pour ne pas plonger dans un océan d'inconnu, un inconnu qui foutait la trouille. Il se dirigea vers l'ascenseur, tout à l'intérieur de ce bâtiment avait des tons métalliques, aujourd'hui la couleur dominante n'était plus celle de la vie, les couleurs n'avaient plus de vie elles donnaient toutes la même impression de morosité, de zombification, de servitude. Le bâtiment devait à la fois habiter des bureaux et des appartements à en juger par les types en costumes qui se baladaient dans le hall et les autres, des vieux pour la plupart qui soit discutaient avec le réceptionniste, soit sortaient. Tout cela était tellement cliché. Il pénétra dans l'ascenseur, un homme vint se placer à côté de lui, il portait un costume blanc, une chemise noire et une cravate blanche, tout l'inverse du gangster typique. Ask ne portait qu'une veste à capuche noire, un tee-shirt à manches longues blanc, un jean large et une paire de vieilles Converse noires.

« -Etes-vous le treizième apôtre? Demanda l'homme en blanc.

-Exactement.

-Très bien, cela fait un moment que monsieur Sarlan nous attend. »

Il appuya sur un bouton situé au dessus de l'entrée, on voyait distinctement une main enserrant un serpent dessus. L'ascenseur monta rapidement puis s'arrêta entre l'étage soixante et soixante-et-un. La porte s'ouvrit pour laisser apparaître une lumière rouge aveuglante, tout l'étage en était imprégné.

« -Veuillez me suivre. »

Ask suivit l'homme dans le long couloir qui permettait d'accéder au bureau de monsieur Sarlan. Les murs étaient couverts d'armes venus de différentes époques, on trouvait tout d'abord sur celui de gauche un arc de bois, une lance de bois puis une autre en acier cette fois, s'en suivait une épée de fer puis une masse à pointes. On trouvait du côté droit des armes à feu partant des pistolets à poudre jusqu'au fusil à plasma trop instable pour être utiliser, elle était commandée par un boîtier électronique, seules les personnes autorisées pouvaient rentrer. Il remarqua le symbole du Yin et du Yang sur celle-ci, dès qu'elle s'ouvrit il fut envahi par un terreur et une peur incommensurable, son sang bouillonnait, l'homme assis à son bureau possédait une aura inimaginable, Ask était tellement tendu qu'il avait la main sur le manche de son Glock 17C. Sarlan était au téléphone et semblait s'énerver, c'était sans doute pour cela que son aura guerrière s'était réveillée. L'homme blanc à côté de Ask semblait lui aussi terrifier, ses traits étaient crispés. Il raccrocha le téléphone et soudain la pièce changea d'ambiance, tout était redevenu calme. Dans cette pièce le décor était différent, il y avait une plaque de bronze posée sur le mur de gauche où le sceau que Ask avait tellement vu figurait une fois de plus. Sur le mur droit on trouvait toutes sortes d'armures, celles d'un chevalier du Moyen-Age mais aussi celle d'un samouraï, les plus anciennes et les plus récentes étaient présentes. A voir cette étage, le maître des lieux était manifestement un guerrier qui possédait de grandes connaissances dans ce domaine. Il fit signe d'approcher, Ask s'exécuta tandis que l'homme en blanc partait, refermant la porte derrière lui, désormais il était seul avec cet homme effroyable mais il ne fallait pas s'inquiéter, il savait que les Moires étaient avec lui cette fois ou tout du moins il avait cet espoir fou.

« -J'espère que Hakha ne vous a pas paru trop brusque monsieur Whaï.

-Non, il était bizarre mais sympathique.

-Parfait,vous devez vous doutez de la raison pour laquelle vous êtes ici?

-J'ai des hypothèses en effet.

-Vous devez aussi vous doutez de qui nous sommes, le monde parle de nous depuis des siècles.

-Je sais qu'on vous appelle la Confrérie de l'Ombre et que vous assassinez des chefs d'entreprise.

-Je vous rectifie tout de suite, nous ne tuons pas de chefs d'entreprise, du moins pas directement, en fait on engage des personnes comme je compte le faire pour vous qui vont tuer des personnes pour nous, pas nécessairement des chefs d'entreprise, en fait ce sont des personnes qui nous contacte pour régler des problèmes qu'ils ont, souvent d'ordre économique ou politique, par exemple quelqu'un va lancer sur le marché un nouvel ordinateur qui va défier toute le concurrence un des concurrents nous appelle pour que l'on tue et détruise les responsables de la chose. Ce sont souvent des problèmes de concurrence déloyale, nous remplaçons en quelque sorte feu l'ORD (Organe de Règlement des Conflits). En effet notre nom est la Confrérie de l'Ombre, nous avons évoluer au fil des siècles pour nous appeler ainsi, autrefois au temps des Croisades, notre nom était l'Ordre des Templiers.

-Et vous voulez m'engagez? Pour quoi, parce que j'ai fait se lover dans les flammes feu Yamahoto et là le feu est de rigueur.

-Il faut dire que c'était plutôt impressionnant, en fait l'un de nos tueurs s'est fait tuer plutôt paradoxal,non? En fait il avait un mode opératoire qu'il suivait à la lettre à chaque fois, un truc complètement con qui remontait à son enfance, il avait pour principe de ne pas tuer la femme et les enfants de sa cible seulement la dernière fois il est allé dans la chambre de son client, il n'y avait pas sa femme ce soir-là mais manque de bol au moment de récupérer la douille, le fils a foncé vers lui et lui a planté un ciseau dans la jambe, il s'est retrouvé par terre et le gosse l'a frappé dans le torse plusieurs fois en bref, il est mort. Pour en revenir à votre meurtre, vous n'avez laissez aucune trace, la police vous cherche toujours et vous nous avez aider car nous avions besoin que ce japonais meurt, un de nos clients voulaient le tuer car il menaçait les intérêts de l'entreprise en licenciant trop vite le personnel.

-C'est pour ça que j'ai refroidi ces ardeurs à l'essence. Je crois cependant monsieur Sarlan que vous vous méprenez sur mes intentions, ce que j'ai fais était purement personnel.

-Nous avons besoin de quelqu'un comme vous justement, quelqu'un qui ne fasse pas cela par pur plaisir mais pour un objectif plus important, vous avez tué pour une raison personnel et nous pensons que vous voulez quelque chose de plus grand que le simple meurtre d'un chef d'entreprise.

-En quoi cela peut-il vous intéresser si j'ai un autre projet et comment pouvez-vous le savoir?

-Vous n'auriez pas laissez de carte si vous n'aviez pas voulu qu'on vous retrouve.

-En effet, j'espère que vous comprendrez que si j'accepte de travailler pour vous cela ne signifie pas que je vous divulguerai mon projet, j'ai cependant il est vrai besoin d'une aide, disons financière pour ce projet et peut-être aussi de contacts. En bref, si je peux aidez à tuer quelques personnes qui participent à l'appauvrissement de la planète, je serai heureux d'aider.

-Très bien alors marché conclu, ne vous inquiétez pas pour les besoins financiers, nous allons déjà vous virer cent cinquante mille dollars pour le contrat de Mr Yamahoto. »


Lorsqu'il sortit du building, Ask se sentit détendu comme si il avait accompli une partie de son projet. Un projet immense, ambitieux, quelque chose qui changerait à jamais le monde. Cependant Sarlan lui avait fait une drôle d'impression, ce type était redevenu calme après avoir dégagé une aura violente inouïe, en plus il donnait cet effet bizarre d'intemporalité, premièrement dans son langage assez soutenu et puis dans ses traits, ils étaient à la fois jeunes et en même temps son regard était empli d'une certaine expérience. Il avait d'ailleurs modifié son regard, ses yeux étaient rouges et possédaient un petit iris noir. Il lui avait dit que lorsqu'ils auraient un contrat pour lui, il le préviendrait.

Près d'un mois avait passé, Ask reprenait le chemin vers sa voiture, il venait d'aller s'acheter de quoi manger, il avait son lecteur mp3 sur les oreilles, un appareil complètement démodé qu'il avait récupéré chez les Exclus avec quelques vieilles chansons de groupes disparus de la mémoire collective, Metallica, The Chemical Brothers, Daft Punk,... Il approcha de la Mustang et aperçu Hakha, toujours vêtu de son costume blanc et de sa chemise noire, il avait mis des lunettes aux verres rouges. Il tenait dans sa main une lettre, Ask la prit et l'ouvrit, un contrat qui concernait cette fois un entrepreneur du nom de Dubov.

« -C'est bon je le prends... Simple curiosité, où t'as eu tes lunettes?

-Dans un magasin de ce centre commercial, cherchez et vous trouverez. »

Hakha n'était pas quelqu'un de très bavard, il suivait les ordres de son chef et il ne demandait rien de plus, le pourquoi lui importait peu au contraire de Ask qui ne cessait de se demander pourquoi. Pourquoi le monde était parti en vrille, pourquoi tout le monde se fichait de tout et en particulier des nécessiteux? Il avait tout foutu en l'air pour se venger de ce qu'il considérait comme mauvais pour l'avenir mais ce qui arriverait ensuite serai-t-il meilleur, seul l'Homme pourrait répondre à cette question. Il regarda la lettre avec le nom de la cible, nota l'adresse sur un papier puis brûla l'enveloppe, il se fichait des détails tant qu'il pouvait tuer des mecs comme lui, si il contribuait aux souffrances du monde il le flinguerait. Il démarra la voiture et repartit, il n'avait pas besoin de plan cette fois, il était protégé par la Confrérie, rien ne pouvait l'atteindre à part du sentimentalisme. Il ne suivait pas de code ou de mode opératoire, il tuait pour se faire du fric et l'aider dans son projet mais en tuer un est comme tuer une fourmi dans une fourmilière, c'est inutile car il y en a des millions par contre atteignez le centre névralgique, la femelle et le groupe est foutu. Le type habitait dans un complexe d'appartement luxueux situé en plein coeur du quartier des finances où se situait la bourse d'Oslo, une des bourses mondiales, il devait être être un puissant chef d'entreprise puisque qu'à part eux personne ne pouvait se payer de tels appartements, ils faisaient la taille de ce que nous appelions autrefois une maison. Il se décidait à attendre le soir pour aller dans sa maison et le tuer, il irait, faisant croire à une livraison et le tuerait, lui et toute sa famille, ne pas avoir de plan ne signifiait pas pour autant ne pas s'organiser un minimum. Il brancha son lecteur mp3 sur l'autoradio et mit Star Guitar des Chemical Brothers.


Le complexe d'immeubles était moche, toujours cette teinte grise caractéristique du métal, dans le monde actuel les couleurs vives étaient interdites, pas par la loi mais à cause de la morale, cette foutue morale que tout le monde suivait religieusement. Cette couleur métallique lui inspirait la mort, la zombification de l'humanité face à la machine, le désespoir tout un tas de sentiments néfastes qui avaient conduit la population à s'endormir. Il était vingt heures à sa montre, le soleil n'avait pas montré sa face depuis un moment alors que l'hiver était fini, les autorités avaient déclaré que suite aux dérèglement climatique apparu depuis deux siècles le cycle naturel de la planète avait été perturbé et que sa vitesse de rotation avait augmenté et par conséquent le soleil ne se montrait plus aussi souvent encore des conneries pour camoufler autre chose, scientifiquement cela ne tenait pas debout, malgré ses connaissances plutôt limitées en science Ask le savait. Il avait été s'acheter un Big Kahuna Burger, la seule chose encore potable que la société de consommation faisait. Son flingue était dans la boîte à gants, il attendu jusqu'à vingt heures dix pour sortir de la voiture, il avait acheté un silencieux pour le Glock, mieux valait faire cela discrètement même si tout le monde allait mourir les voisins étaient toujours source de problèmes. Il appuya sur tous les boutons du visio-phone à la fois, beaucoup de gens répondirent et dirent tous d'une même voix « C'est pourquoi? » « Livraison » leur répondit Ask, alors l'un d'entre eux ouvrit la porte ou peut-être tous, c'était amusant de voir ces gens qui ne devaient pas se parler dire la même chose et faire le même geste au même moment. Il pénétra dans le hall, jeta un coup d'oeil rapide, pour la première fois, il voyait ce que nous appelions encore du pin à une certaine époque. Toutes les colonnes étaient fabriquées dans cette teinte, pour la première fois il voyait quelque chose d'agréable, alors qu'avant il avait trouvé la plupart des choses moches, le pin lui donnait une impression de bien-être, d'harmonie avec ce qui l'entourait cependant le toucher de la crosse du pistolet lui rappela pourquoi il était là et il était en retard sur son programme, il était vingt heures douze. Il rentra dans l'ascenseur appuya sur le bouton de l'étage correspondant. Le roulis de la cage se déplaçant lentement à travers le bâtiment était désagréable à l'oreille, ce bourdon vous tapait sur le système, ça ajouté à l'espace restreint donnait un sentiment de claustrophobie à Ask, il sentait que sa tête était compressé dans un étau, il avait des vertiges, il se retint à la barre pour ne pas tomber. L'ascenseur fit retentir une sonnerie pour faire comprendre à son passager qu'il était arriver et qu'il pouvait tout renvoyé si tel était son désir vu que la porte s'ouvrait. Ask sortit et vomit son Kahuna burger sur le sol, une première tâche dans le monde des capitalistes. Il se releva péniblement, resta appuyé contre le mur durant quelques minutes. Ayant retrouvé son souffle il s'avança vers la porte de sa futur ex-victime. Il frappa, quelqu'un vint ouvrir la porte, il était assez jeune, peut-être un de ses enfants. Ask entra et mit de suite sa main sur la bouche du gosse puis il sortit son pistolet tout en refermant la porte avec sa jambe gauche.

« -Appelle ton père, si tu fait autre chose je te flingue.

-Papa? »

Des bruits de pas se répercutait sur le sol. Lorsqu'il aperçu le pistolet de Ask pointé sur la tempe de son fils, il recula d'un pas comme effrayé, Ask visa la jambe lorsque Dubov se retourna pour décamper, il tira, la seconde suivante, l'entrepreneur se retrouvait sur le sol, son sang s'étalant sur le sol. Il relâcha le gamin qui courut en direction de son père, Ask se rapprocha, le visant, il était en sueur, c'était la première fois qu'il tuait pour une raison professionnelle et non plus personnelle, tout était différent, les règles du jeu avait changé, la Confrérie décidait et lui obéissait.

« -Vous savez pourquoi je suis là? Demanda Ask en continuant à braquer le chef d'entreprise.

-Non, je comprend pas,... (Il réfléchit un instant)... La Confrérie, c'est ça, on a lancé un contrat sur moi à cause de mon projet.

-Vous voyez en réfléchissant un peu vous trouvez. Je ne sais pas pourquoi la Confrérie veut vous tuer et j'en ai rien à foutre, mon objectif c'est de tuer le plus de types comme vous, vous savez, vous les chefs de multinationales ou des filiales qui affamez l'Afrique, qui vous fichez du sort de vos salariés, qui les licenciés sans vergogne et les remplacez par des machines.

-De quoi vous parlez, je travaille dans une entreprise informatique, je viens de lancer un projet de de réalité virtuelle, quelqu'un n'a pas dû apprécier et à voulu me tuer. Bon allez-y tuez moi, mais ne touchez pas à ma famille.

-Désolé mais je ne peux pas tenir cette promesse, je suis obligé de tuer votre famille, croyez bien que le regrette mais je n'ai pas le choix. »

Il tira une balle dans la tête de l'entrepreneur. Il visa le gosse à côté, il trembla de peur seulement Ask devait le faire, il ne voulait pas risquer de se faire tuer comme son prédécesseur. Il continua jusque dans la chambre des parents, la femme était au lit, elle n'eut pas le temps de manifester sa surprise, la balle partit en direction de la tête et une giclée de sang éclaboussa le mur de derrière. Il continua sa marche macabre dans l'appartement, il traversait les pièces peuplés de sculptures venues d'un temps ancien, où l'art pouvait exprimer toute la rancoeur que des hommes pouvaient avoir face à un gouvernement devenu trop dictatorial il avait reconnu « Guernica » de Picasso, une oeuvre d'art comme l'homme n'en avait jamais vu, d'une beauté et d'une violence inouïe. Il arriva face à une chambre qui ressemblait à celle d'un jeune enfant, la porte était pleine de dessins aux traits enfantins, déstructurés et colorés. Il la poussa et parvint dans la pièce, des jouets la remplissaient, les étagères étaient rempli de personnages en bois, de trains, les époques changeaient mais les jouets d'enfants restaient les mêmes. Le lit n'était pas tout à fait comme on pouvait le penser, le petit bout de chou devait être malade car il placé dans un incubateur, depuis la vitre du dessus, Ask pouvait clairement voir le visage du gosse aux joues roses, il dormait à poings fermés, ses cheveux étaient comme des brins d'orges au soleil, ils illuminaient la pièce. Des tubes sortaient de l'incubateur et allaient se brancher dans un tube d'oxygène, il aperçut deux petits tubes qui étaient dans le nez du petit, il avait visiblement un problème de respiration, cela ramenait Ask au moment de sa naissance où lui aussi avait dû vivre dans une machine sous respiration artificielle à cause de précocité. Il remarqua des indications sur le rebord de l'incubateur, elles indiquaient le niveau d'oxygène dont le bambin disposait et ce qu'il restait dans la bouteille. Il en avait encore une bonne réserve, de quoi tenir encore la nuit et ce jusqu'au matin quand ses parents se seraient réveillés, ce qu'ils ne pourront plus faire. Ask devait débrancher la machine, le gamin ne souffrirait pas si il débranchait la machine d'un coup sec, de toute manière personne ne pourrait le sauver maintenant, il mourrait d'une manière ou d'une autre. Il tira fortement en arrière le tube. L'air ne passait plus désormais, au moment de se retourner, le bout de chou ouvrit les yeux, des yeux d'un verts émeraude qui pénétrèrent dans ceux d'Ask. Il sentit des larmes perlées à ses paupières, il repartit, jetant sa carte de visite négligemment. Il sortit en titubant de l'appartement, oubliant de refermer la porte.


Il s'écroula devant sa voiture, et vomi pour la seconde fois de la soirée. Il s'assit sur le sol, il s'était mis à pleuvoir lorsqu'il était sorti de l'immeuble, il pleuvait désormais à verse. L'averse s'écoulait sur Ask, il était confus, ne savait plus quoi faire, il n'avait pas entamé cela pour en arriver là, tuer un adolescent de quatorze ans, passe encore mais un gamin de deux ans et son regard profondément innocent qui le regardait en exprimant toute son incompréhension, il pleurait. Il avait réussi à renaître une fois et il venait de mourir à nouveau, pour le pire. Ses larmes s'arrêtèrent de couler, il fallait qu'il tue encore une fois, il en avait besoin, un besoin irrépressible qui ne cesserait pas tant qu'il ne serait pas satisfait.

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