Rambo (ou First Blood pour les experts) est un film culte pour beaucoup. La saga, elle, est souvent considérée – à tort- comme une vulgaire saga de films d'action creux, sans substance, sans psychologie. Le premier, est à l'opposé complet de cette vision simpliste, et caricaturale. Le premier opus est avant tout un film sur un pays, les Etats-Unis, en proie au désarroi de la fin de la guerre du Vietnam. Un pays qui refuse de voir cette défaite, cette débâcle, muni d'un gouvernement qui ne reconnaît même pas ses héros. C'est là que se place John Rambo, homme sorti du Vietnam meurtri, tant dans sa chair que psychologiquement. Il cherche à retrouver ses coéquipiers pour une raison inconnue, mais partout où il va, il ne retrouve que des morts. Alors, il erre, et il est arrêté pour vagabondage. Il parvient à s'échapper après avoir été maltraité par les policiers. Il va partir dans la forêt et, poursuivi par le shérif et ses hommes va se rebeller contre ce symbole du système. Il va redevenir l'homme sauvage qu'il était. Seul son colonel, Trautman, le ramènera à la raison, après une longue discussion où Rambo expliquera les souffrances endurées à cause du mépris américain, que ce soit des gens, que du gouvernement. « C'était pas ma guerre », une phrase qu'il déclare et qui exprime la détresse des militaires revenus du Vietnam. Il sera alors arrêté et envoyé au bagne.
Dans Rambo II, on change totalement de style, là, c'est un film d'action pur et dur. C'est de là que vient la vision faussée qu'ont les gens, après tout, Stallone ne fait que des films d'action (sic!) pour les non-cinéphiles, on oublie ainsi Rocky I et VI et Rambo. Les opus II et III sont souvent critiqués aujourd'hui pour leur excès d'américanisme, cautionnant les politiques interventionnistes de Reagan. Là encore, cela est réducteur, le deuxième opus l'est, il est gerbant dans sa philosophie, le III l'est beaucoup moins, c'est certainement l'épisode le plus mésestimé de la tétralogie(pour le moment). C'est un film ancré dans son époque, la Guerre Froide, plus direct, bien plus actionner, et certainement plus creux encore que son prédécesseur, mais est-ce un mal ?
Rambo II est donc dégueulasse dans sa mentalité, il prône un interventionnisme américain pour solutionner les problèmes dans le monde, un interventionnisme violent, direct. Rambo en est le représentant, au mépris des autorités, des ordres, il va décider de casser la gueule aux Viets rouges. Comme il le dit avec Trautman au début, cette fois, on y va pour gagner. Le film manque de plus d'un second degré qui l'aurait sauvé. Las, le film enchaîne les scènes d'action mal foutues, mal filmées, même pas fun.
Rambo III est souvent malmené du fait de la présence d'afghans comme alliés, et des russes en ennemis. Le film est pourtant moins vomitif, Rambo n'est plus tellement le représentant de l'Amérique vengeresse et interventionniste qu'un homme qui veut sauver son ami. Il n'y va plus pour gagner, il y va pour sauver quelqu'un. Là, est la grande différence entre les deux opus. De plus, ce Rambo bénéficie d'un second degré inhérent à la série B des années 80, et particulièrement salvateur. Exemple à l'appui de dialogues très fins :
Rambo montre une torche à un afghan :
-Ça sert à quoi ? Demande l'afghan
Rambo l'allume et de la lumière bleue jaillit
-Ca fait du bleu
(Imaginez-vous la voix de Stallone en français pour vous mettre en condition).
Trautman est en train d'être torturé par le méchant russe.
-Où sont les missiles ? Demande le rouge.
-Tout près, lui répond Trautman.
-Où ?
-Dans ton cul !
Oui, c'est creux et con, au limite du nanar, mais ça contribue à établir une distance immédiate dans le discours. Peut-être que Stallone ne s'en n'est pas rendu compte au moment d'écrire le scénario, mais c'est l'effet que ça produit aujourd'hui. Donc, selon moi, ce Rambo III est à prendre pour un film ancré dans la Guerre Froide et clairement moins gerbant que son prédécesseur, en plus, il est plus fun, car rempli de scènes toutes plus poilantes les unes que les autres : l'hélicoptère détruit à coups de flèches explosives, Rambo qui se guérit grâce à de la poudre noire (si, si). bref, c'est complètement con mais tellement années 80 qu'il y a un certain plaisir coupable à regarder ça. Enfin, pour moi, c'est mieux que le II.
Je ne parle pas du quatrième opus en détail mais il est sympa, un peu gros dans ses séquences d'action, mais fun et jouissif. Du grand Stallone, quoi !
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