samedi 14 novembre 2009

Chapitre I The way the world ends

Tiens pour une fois j'ai fais un effort... J'ai écris un chapitre assez vite !
Ne vous habituez pas, ça sera pas souvent.

Ad Vitam aeternam.

Ma tribu s'était faite massacrer par un autre clan, vengeance ? Envie de meurtre ? Conquête ? Je ne sais, peu importe en fait. Je me souviens clairement que du haut de mes très jeunes années, je me demandais pourquoi j'étais encore en vie alors que les autres autour de moi ne respirait plus, tout cela devait être moins clair à l'époque, mais c'est de cette manière que je le ressens aujourd'hui. Ma peau était totalement calcinée, aujourd'hui, ce serait un miracle de Dieu, pour moi c'est une malédiction, un fardeau, pas à l'époque, à ce moment, les concepts de religion, vie ou mort étaient peu clairs, mais compréhensibles, car je les voyais sous mes yeux, mais difficilement explicables. Je me suis mis à marcher, dans cette steppe immense, steppe que je n'avais explorée que de quelques kilomètres. Mon père m'avait appris à repérer les traces de cheval, à pister les bêtes, il en allait de même pour traquer les ennemis – oui, le mal était déjà ancré dans mon esprit, ceux qui avaient tués ma famille = ennemis – alors je les ai traqués, durant des jours entiers, voyant peu à peu ma peau se reconstruire. Je continuais à chasser les bêtes, me nourrissant, car la faim se faisait sentir malgré tout, je ne pouvais mourir dans un incendie mais je pouvais - peut-être – mourir de faim ou de soif. Au bout de quelques jours, je parvenais à les trouver, ils campaient, la bande était réunie autour d'un feu, j'attendais qu'ils aillent dormir. L'attente fût interminable, un feu bouillonnait en moi, presque incontrôlable. J'attendais, caché dans l'obscurité, voyant ces tueurs se repaître de leur massacre. Dégoûté, je ne pouvais cependant pas céder à mes pulsions, pas aussi tôt, il fallait être patient, la patience était le seul moyen pour moi d'accéder à l'extase de leur meurtre.
Prudence est mère de sureté, patience est mère de jouissance.
Alors je patienta, attendant dans l'ombre, attendant mon heure, eux savourant leurs derniers instants sans même le savoir. Je les observais pendant des heures, et au bout de quelques heures, ils se couchèrent, à même le sol, c'était le moment que choisis pour attaquer, je n'avais pas d'arme, seulement ma volonté, ma force et mon apparenté invincibilité, apparente, car à l'époque, je n'étais pas tout à fait sûre de pouvoir compter sur un deuxième coup du sort, pourtant je me lançais. Ils ne virent rien venir, je me lançais sur le premier et l'étouffais, comme me l'avait dit mon père, ma force était prodigieuse, il mourut en silence, sans que les autres ne réagissent. Je fouilla son corps pour récupérer un couteau ou quelque chose de semblable. J'en trouva un, accroché à son pantalon. Je poignardais ses semblables, en silence, pour ne pas éveiller l'attention. Chaque goûte de sang versée provoquait en moi une extase folle, la vengeance était tellement enivrant, à ce moment, ce fût la première fois que je ressentis une telle sensation. Des frissons me parcouraient tout le corps, l'envie de plus. A cette époque déjà, je m'enivrais de ce que je détesterai plus tard. J'étais heureux, comme jamais. Quand ce fût fini, j'en voulais encore, plus, toujours plus, l'humain veut toujours plus, l'immortel aussi.
Je restais assis durant quelques minutes, ou heures, je ne sais plus, à vrai dire, à ce moment-là, je n'avais pas la notion du temps, j'étais trop jeune. Je remarquais du sang sur ma chair encore brulée, il fallait que je trouve un point d'eau, je devais me nettoyer, j'allais voyager dans l'inconnu. Je me remis alors à marcher. Cela dura pendant des jours, voyageant au gré des étoiles comme mon père me l'avait montré. Dans cette immensité remplie de néant, je ne trouva aucun point d'eau, juste le vide.
Pourtant, un jour, j'aperçus un feu dans le ciel. Je m'approcha de ce point et alors je vis une tribu. Eux aussi me virent, au début ils me prirent pour un démon, ma peau était toujours brûlé, les blessures mettaient toujours du temps à guérir, surtout les plus profondes. Ils s'avancèrent, leurs lances à la main, pointée vers moi, mais une femme vint s'interposer, leur criant des choses que je ne pourrais répéter aujourd'hui, puis elle arriva devant moi, me parlant, je me souviens que ces choses étaient dites avec une voix agréable, sans une once de méchanceté, mais je ne sais ce qu'elle me disait. Alors ils m'accueillirent dans leur tribu, ils m'offrirent des vivres, ils aidèrent mes blessures à cicatriser.
Ainsi le temps passa, leurs générations succombant sous mon regard. Ils m'avaient offert un foyer, je ne pouvais leur donner qu'un triste spectacle de mort. Ainsi les décennies passaient, mon apparence se modifiant peu, les rides apparaissant sur les visages de ceux que j'avais vu naître. Ceux que j'avais connu s'en allaient de l'autre côté, pour découvrir le bout de ce tunnel blanc qui m'était inaccessible, et je restais seul, avec mon remord pour seul réconfort.
Deux cents ans s'écoulèrent, le dernier membre de la tribu s'était éteint, je me décidais à partir, mais auparavant je fis brûler le village, ne laissant aucune trace de ce qu'aucun aurait pu appelé mon existence.
Je me mis à marcher, comme deux cents ans auparavant, en direction de l'Ouest, région que je connaissais pas et que je fantasmais. Durant des mois, je me promenais à travers des zones désertes, isolées, croisant parfois des gens, qui m'offraient quelques fois des vivres pour ma survie. Le mythe de ce Jésus avait dû passer par là. Au bout d'un temps in quantifiable, j'arrivais face à une armée de murs. De loin, je les avais déjà aperçu mais je ne savais à quoi m'en tenir. En arrivant face à eux, j'eus une sensation étrange, mélange entre surprise et inquiétude, je n'étais pourtant pas au bout de mes surprises...
Jérusalem, ville où tous vont et viennent à travers les âges, moi, compris.
Son aspect extérieur était superbe, un mélange de force et de respect se dégageait, je restais là, à contempler, pendant des dizaines de minutes, sans même remarquer que d'autres personnes se pressaient autour de moi, me regardant surement comme un fou. Moi qui pensais ne trouver que de grandes régions désertes comme celles où j'avais grandit, je me retrouvais face à un immense ensemble de pierres qui me saisissaient au plus profond de mon être. Lorsque je repris enfin mes esprits, j'aperçus le monde autour de moi, les étals des marchands, les clients, les passants, tous situés à l'extérieur de cette immense ville. Chacun vaquait à ses occupations, en baragouinant une langue qui m'était incompréhensible. Des gardes stationnaient à l'entrée de la ville, leurs armes à la main, empêchant les intrus d'entrer. A cette époque, les Romains contrôlaient la ville, ils dominaient les Juifs, avaient crucifié le prophète, cela m'était bien entendu inconnu, j'ai entendu parler de ce Jésus Christ pour la première fois à cette époque et on m'a pris pour un fou lorsque j'ai dit que je ne voyais pas qui il était.
Vous devez penser qu'avec mes deux cents ans passés sur Terre, j'avais déjà développé un certain esprit, détrompez-vous, j'étais comme tout le monde, non, en fait, j'étais pire, je venais du fin fond de la steppe, je ne connaissais rien à la vie, j'étais comme un enfant, curieux, l'esprit attentif. Mon apparence physique était celle d'un adolescent, je passais quasi inaperçu dans cette mêlée. Je tentais alors de pénétrer dans cette cité, à mon tour. Je m'approchais alors de la grande entrée, mon capuchon rabattu, j'avançais, calmement, sans aucune précipitation, et pourtant l'un des gardes s'approcha de moi, me pris par le col de ma veste et me renversa par terre en criant des choses incompréhensibles. Je repartis, sans demander mon reste. Je me replaçais face à la muraille, la scrutant, cherchant des aspérités pour pouvoir l'escalader dans la nuit. Je n'avais pas encore pratiqué d'escalade, j'allais essayer pour la première fois, en m'introduisant de force dans une ville.
Il me fallut bien des essais avant d'y parvenir. Au premier, j'atteignis péniblement le premier quart avant de tomber lamentablement, deuxième essai, j'atteins la moitié et chute. Puis les trois-quarts, puis le quart, la moitié,... J'arrivais enfin au haut de la muraille, je restais suspendu en entendant les bruits de pas des gardes, attendant leur passage. Je grimpais, j'apercevais les gardes, marchant calmement, sans demander mon reste, je descendais de suite dans la rue. Je me mis à parcourir les rues, chacune semblait rempli de fantômes. A travers ma vie, j'ai toujours eu cette impression, marcher avec une armée de fantômes, comme si mon état me donnait cette faculté, mais cela pourrait tout aussi bien être un tour de mon esprit, las des morts et de cette vie. En marchant dans cette ville, je me sentais mal, cette ville sentait mauvais, la violence transpirait. La surprise de la découverte passée, j'avais déjà envie de partir, je décidais malgré tout de rester pour la nuit, allant dormir dans une ruelle.
Le matin, je fus réveiller par des coups de pieds et un langage inconnu mais dont je parvenais sans trop de peine à décrypter le sens, cela ressemblait à peu près à ça :
Tu as cru pouvoir dormir dans la rue, sac de merde !
Les insultes continuaient à fuser en même temps que les coups, ils me levèrent au bout d'un certain temps, je voyais à peine mais je pus apercevoir le sang qui coulait de ma bouche, de même que son goût, je n'avais jamais été aussi proche de la douleur, mais pourtant je ne sentais rien. J'étais vide. Je me fis trainer pendant des kilomètres, au bout d'un moment, ils me laissèrent tomber tel une loque, je les entendais parler aux gens alentours sans comprendre un traître mot. Ils revinrent vers moi et me soulevèrent à nouveau, ils m'attachèrent à un pilori et repartirent.
Les gens passaient et me regardaient, sans remarquer mes yeux rouges, le regard tantôt inquisiteur, tantôt indifférent, surement trop habitué à ce genre de spectacle. Les plus jeunes me jetaient des légumes, des fruits qu'ils avaient surement chiper sur un étal proche. Et parfois une patrouille venait me voir et me mettre des coups. Lorsque le jour tombait, les choses changeaient, mes vêtements m'avaient été violemment enlevé lors de la rafle, je restais à greloter dans le froid.
Le lendemain, les choses empirèrent, un homme s'approcha de moi, habillé dans un uniforme de soldat romain. Il prit mon menton entre ses doigts et souleva ma tête, son sang parut ne faire qu'un tour lorsqu'il vit mes yeux rouges, il lâcha immédiatement prise et commença à reculer, il se retourna et repartit d'où il était venu. Le même cirque recommença, les gens passaient, me jetaient parfois des choses sur la figure. Mais vers le midi, une patrouille arriva, je reconnus le romain parmi elle, elle me décrocha du pilori, je tombais comme une loque par terre, mes jambes ne me portaient plus, ils me soulevèrent et m'emportèrent, je regardais vers le sol, ne voulant pas me faire dévisager. Ils me transportèrent dans un immense bâtiment, j'atterris devant un bureau où siégeait un autre soldat, il commença à me parler dans une langue inconnue, lorsqu'il eut fini, il attendu un peu puis fit signe au soldat qui était resté à côté de moi, celui-ci vint se placer face à moi puis me mit une gifle, le chef recommença à parler et le rituel se poursuivit, inlassablement, cela me parut durer une éternité, je sentais le sang qui coulait dans ma bouche et qui se déversait par terre à force de crachas et de coût dans la tronche. A la fin de la journée, ils m'emportèrent et me mirent dans une geôle, il y avait d'autres personnes, leurs corps ressemblaient à un amas d'os avec un simple filet de peau pour recouvrir. Je ne savais pas exactement si je pouvais mourir de faim ou de soif, je ne voulais pas vraiment le savoir non plus. Un garde arriva et jeta une gamelle rempli d'une quelconque substance soit-disant nourrissante. Je me jetais dessus, les autres ne bougeaient plus, ils semblaient morts, je regardais les murs autour de moi, ils étaient pleins de traces de sang, de morceaux de peau, et d'ongles qui se mêlaient à la pierre. J'avais l'impression de me retrouver comme il y a deux cents ans, faible, sans protection, ma curiosité m'avait conduit dans cet enfer et je ne savais pas comment en sortir, ma résistance ne m'aiderait qu'à encaisser les coups, il ne pouvait me tuer par leur force physique, peut-être le pouvait-il à force de torture psychologique ? Je passais la nuit au milieu de cette horreur, le sang me collait à la peau, les cicatrices que j'avais se cicatrisaient d'elles-mêmes, ils auraient certainement une surprise le lendemain quand il verrait que leurs coups n'avaient pas laissé de marques. Je ne parvenais pas à dormir, je sentais l'ensemble de mon corps se reconstruire, les sensations étaient inconfortables, pas douloureuses, la douleur m'était inconnue. J'attendis qu'on vienne me chercher, voyant à travers la petite ouverture dans le mur la blancheur de la Lune percée.

Je les entendis arriver de loin, leurs armures étaient tellement lourdes qu'on aurait dit un éléphant se déplaçant. Ils étaient deux, ils ouvrirent la cellule et vinrent vers moi, je les regardais de mes yeux rouges, je pouvais distinguer la peur dans leur regard, ils ne savaient pas ce que j'étais, sans doute me prenait-il pour un démon. Ils me soulevèrent, je sentais à nouveau mes jambes, si j'avais voulu, j'aurais pu me battre contre eux, mais je voulais les laisser dans la confiance. Je sortirai quand ils auraient décider que ça ne servait à rien de me frapper, je pouvais battre deux soldats, pas une garnison, surtout que si les brûlures me faisaient tomber dans le coma, les coups mortels d'épée devaient aussi le faire.
Je n'ai d'ailleurs jamais réellement compris comment je pouvais survivre à mes blessures, l'hypothèse la plus probable est que lorsque la blessure devenait trop importante, mon cerveau me faisait tomber dans le coma pour pouvoir gérer l'importance des dégâts, cela est complètement fou mais aucun médecin ne s'est jamais pencher sur mon cas n'en ayant jamais eu l'utilité.
Je retournais devant leur chef, il continua à me parler dans sa langue, et l'autre continuait à me frapper ne sachant pas quoi répondre. J'avançais de cercle en cercle chaque jour, tout se répétait inlassablement, excepté qu'ils devaient être plus énervé que moi. Chaque nuit je guérissais, j'étais donc en pleine forme le matin pour me reprendre des coups, je ne suis pas sûr que mon bourreau et ses mains étaient du même avis, chaque jour je les voyais de plus en plus contusionnées. A un moment ou un autre ils comprendraient l'inutilité de leurs actions, de toute manière ils n'avaient pas le choix, je ne pouvais pas mourir, le peu de nourriture et d'eau que j'ingurgitais le soir suffisaient à ma survie, je n'ai jamais été quelqu'un de difficile, juste quelqu'un de compliqué, eux par contre mourraient forcément à un moment donné. Alors je laissais les coups venir et me retomber dessus, pourquoi ne frappait-il que mon visage, il m'aurait fait plus mal en frappant dans l'estomac, je ne pouvais pas comprendre ce que son chef disait, il ne servait à rien de me ménager, c'est d'ailleurs, si mes souvenirs sont bons la seule fois où j'ai parlé, les coups n'ont pas cessé pour autant, le soldat a terminé sa session de claques et autres coups de poings.
Le lendemain les soldats vinrent me chercher dans ma cellule, cela devait faire deux, trois semaines que j'étais dans cette prison, ils m'emmenèrent mais ne me firent pas monter tout en haut, au contraire je sortis, ils me jetèrent à l'extérieur et me laissèrent là. Je me relevais aussitôt, faisant la stupeur des gens alentour qui, en voyant mes yeux rouges commencèrent à paniquer, je décidais qu'il ne servait à rien de rester dans la ville, je passais près des étals, chipant des fruits, et légumes au passage, tout en me frayant un chemin jusqu'à l'extérieur, l'avantage des villes fortifiées et d'ailleurs celui des villes actuelles est que pour sortir il suffit de repérer les murailles et de se diriger vers elles, la sortie s'y trouvant toujours. Je recommença alors ce que je savais le mieux faire, marcher, toujours plus loin vers l'inconnu. Je me souviens que j'ai longé la côté en remontant vers le Nord, j'arrivais ainsi à la ville qui était autrefois appelé Acre, ville portuaire, je me faufilais à travers les rues de cette ville, mais n'ayant plus confiance je partis me cacher dans le premier bateau que je vis.
Le voyage fut long et rude, je découvris que je supportais très mal la mer – c'est une des raisons pour lesquels je n'ai jamais appris à nager – et je débarqua en actuelle France, dans la région Bretonne, qui était sous contrôle romain. Dès mes premiers pas, je me sentais bien, en symbiose, j'avais l'envie de rester, malgré ma première et mauvaise expérience auprès des romains. Je me mêla alors à la population, devenant un quasi-breton, apprenant la langue au fil des discussions que je pouvais entendre, tachant de parler comme eux. Ma compréhension des langues et des diverses cultures m'avaient toujours impressionné, cela devait dater de cette époque, où j'ai découvert l'importance du savoir. Malgré mon âge, je passais pour un jeune gosse de quinze ans, j'errais dans les villages, cherchant à manger, mais ici il n'y avait pas d'étal, seulement des maisons, un jour deux adultes me virent errer au pied de leur porte, ils s'approchèrent et me parlèrent, je comprenais des brides mais ne put leur répondre, l'homme me prit avec lui et m'emmena dans leur maison, là-bas je pus manger à ma guise, ils m'offrirent un logis, je devins leur fils en quelque sorte. Pendant toutes les années de leur vie, je les vis vieillir, eux non. A leur mort, je repris leur maison, la gardant pour moi, je continuais l'exploitation agricole. Je rencontrais à cette époque la femme qui fut la seule avec qui je vécus et dont je tomba amoureux, elle se nommait Elaine, son souvenir me revient souvent, j'ai parfois l'impression de la revoir au détour d'une rue ou d'une personne, seulement elles ne seront jamais comme elle. Son caractère et sa beauté m'avait fait forte impression dès le premier jour où nous nous étions vu, c'était lors d'un repas organisé au village, j'étais considéré comme un démon à cause de mes yeux rouges, certains me tenaient à l'écart, ceux qui avaient connus mes parents adoptifs faisant colporter les rumeurs les plus folles, je préférais ne rien dire, mon travail agricole étant suffisamment apprécié par l'ensemble des gens pour garantir ma sécurité. Je la rencontrais ce soir là, je dus apprendre à l'apprivoiser. Elle était telle une sauce piquante, elle pouvait vous monter au nez, et pourtant vous retourniez vers elle parce que quelque part c'était son charme. Elle vint vivre avec moi, nous furent mari et femme, mais je posais une condition ferme au début de notre aventure, jamais elle ne tomberait enceinte de moi, je tenta de lui expliquer pourquoi mais les mots ne vinrent qu'au moment de sa mort. Elle mourut de vieillesse, sur son lit de mort je lui avoua pourquoi jamais elle ne m'avait vu vieillir, jamais elle ne n'avait fait de remarque, mes yeux rouges la faisaient rire, elle se mit à rigoler lorsque je lui expliqua, puis voyant mes larmes, se mit à réfléchir et elle comprit. Elle décéda quelques jours plus tard, elle fut l'une des seules personnes à connaître mon secret, je fis brûler son corps, ses cendres m'accompagnent aujourd'hui encore.
Certaines choses sont vouées à finir mal.
J'ai dès lors considéré mon immortalité comme un fardeau, j'éprouvais une fascination malsaine pour la mortalité - surement une des raisons pour lesquels j'aimais la guerre – j'enviais les hommes d'être mortels, j'aurais voulu mourir ce jour-là, ce que je tenta de faire avec ce que je trouvais.
Certaines choses sont vouées à l'échec.
Je me résignais et continuais à vivre, pour elle, perpétuant son souvenir.

Aucun commentaire: